Activités
1. Création de mots mêlés par les apprenants
- Les apprenants choisissent un champ lexical (ex. : la nourriture, les métiers, les émotions).
- Ils demandent à ChatGpt ou Gemini, ou autre IA, : « Génère une liste de 10 mots sur le thème des émotions. »
- Ils utilisent un outil comme LearningApps ou Oh, my Dots ! pour transformer cette liste en mots mêlés.
- Une fois la grille créée, ils l’échangent avec un autre groupe pour qu’il la résolve.
2. Création de mots croisés par les apprenants
En petits groupes, les élèves sélectionnent un thème (ex. : les sports, les transports, la cuisine).
- Ils demandent à ChatGpt ou Gemini, ou autre IA : « Donne-moi une liste de 8 mots sur le thème des sports, avec une définition courte pour chaque mot. »
- Ils utilisent LearningApps ou Oh, my Dots ! pour créer une grille de mots croisés.
- Chaque groupe teste le jeu des autres et discute des définitions.
3. Création de rébus par les apprenants
- Les élèves choisissent des expressions idiomatiques ou des mots courants.
- Ils demandent à ChatGpt ou Gemini, ou autre IA : « Crée un rébus pour l’expression ‘avoir le cœur sur la main’. » L’IA propose des suggestions (ex. : 💖 + ✋ = Avoir le cœur sur la main).
- Les élèves dessinent leurs rébus avec Canva puis les font deviner aux autres.
4. Création d’anagrammes par les apprenants
- Les élèves sélectionnent un champ lexical (ex. : les fruits et légumes, les noms des pays francophones).
- Ils demandent à ChatGpt ou Gemini, ou autre IA : « Crée une liste de 5 fruits et légumes, niveau A2. Génère 5 anagrammes à partir de ces mots. » (pomme → emmop, raisin → sirina, carotte → ectrota, citron → tronci, tomate → tamote)
- Ils proposent ces anagrammes à leurs camarades sous forme de défi chronométré.
- Pour aller plus loin, ils doivent utiliser chaque mot dans une phrase après l’avoir trouvé.
Transcrition
Bonjour et bienvenue dans les Voix du FLE pour ce nouvel épisode consacré à l’IA.
Cette fois-ci, l’IA et les apprenants. Nous allons voir que l’IA est un outil qui va permettre de responsabiliser les apprenants, de favoriser leur autonomie, d’inciter à la différenciation de manière personnelle, mais aussi d’encourager la créativité. L’IA en classe de FLE place les apprenants au cœur de leur apprentissage. Elle les incite à devenir acteurs de leur propre progression.
Voici quelques exemples concrets. Tout d’abord, un apprenant va pouvoir envisager la correction de ses propres productions écrites. Il va rédiger une rédaction par exemple sur ses vacances en utilisant donc le passé composé et plutôt que d’attendre la correction du professeur, il peut soumettre son texte à l’IA qui va ainsi identifier les erreurs de conjugaison, de grammaire, de syntaxe, voire de lexique et proposer des corrections. L’apprenant doit donc lire les suggestions de l’IA, comprendre ces erreurs et choisir de les accepter ou non. Ainsi, il apprend à se corriger tout seul.
L’IA peut permettre également une autoévaluation des compétences orales. En effet, grâce à des applications comme Speechtexter par exemple, les apprenants peuvent dicter un texte qui est ensuite écrit de manière automatique. Si leur prononciation n’est pas correcte, le mot ne sera pas orthographié de manière correcte si toutefois il n’y a pas d’autocorrection immédiate. Ainsi, ils verront immédiatement et recevront un feedback instantané sur leur prononciation. L’apprenant va donc être ainsi encouragé à d’abord à s’écouter, à répéter et à s’améliorer de manière autonome.
De plus, l’IA va permettre de rechercher de manière active des informations, des ressources. Ils vont pouvoir poser des questions sur des points de civilisation par exemple, ou sur des points de grammaire et de vocabulaire qu’ils n’ont pas forcément compris en cours. L’apprenant prend ainsi l’initiative d’approfondir ses connaissances et de compléter son apprentissage en dehors du temps de classe.
On est bien d’accord, il s’agit là d’un apprenant idéal ! Cependant, c’est une possibilité qu’on peut leur proposer. On peut les encourager à agir de cette manière-là. On peut commencer en classe en leur laissant 15-20 minutes par exemple.
Avec l’IA, les élèves deviennent ainsi acteurs de leur propre apprentissage. Ils ne se contentent pas simplement d’attendre les réponses de l’enseignant, mais ils vont chercher par eux-mêmes à progresser.
J’ai dit au début que l’IA permettait aussi d’encourager l’autonomie de l’apprenant. En fait, elle leur permet de travailler à leur rythme, selon leurs besoins et leurs objectifs.
La pratique individualisée de l’oral est ainsi possible. Avec l’IA conversationnelle, et elle le devient de plus en plus, les élèves peuvent s’entraîner à parler en français bien entendu quand ils le souhaitent. Ils peuvent ainsi simuler des conversations sur des sujets variés, présenter leurs goûts, raconter leurs week-ends ou encore demander des informations. De cette manière, ils s’entraînent par exemple à la passation des oraux d’examen comme le DELF. Petit exemple, ils vont pouvoir demander à l’IA « tu es un client dans un café, tu passes commande auprès du serveur » et l’apprenant va pouvoir être un peu plus précis dans son instruction. « J’ai un niveau A2 en français, je dois m’entraîner. Joue le rôle d’un client difficile dans un café, pose des questions pour passer la commande, attend mes réponses avant de continuer » parce que l’IA a tendance à aller beaucoup plus vite que la pensée de l’apprenant. De cette manière, l’apprenant pratique l’oral en dehors de la classe. Il n’a pas besoin d’un partenaire humain et il peut répéter autant de fois qu’il le souhaite et obtenir des corrections sur ses erreurs. L’IA peut aussi permettre la lecture et la compréhension écrites.
Si l’élève doit lire un article en français mais qu’il trouve le vocabulaire beaucoup trop complexe, il peut demander à l’IA de simplifier le texte ou d’expliquer certains mots. Ainsi, l’apprenant gère lui-même sa lecture et adapte le contenu à son niveau de compréhension. Bien entendu, le travail demandé par l’enseignant n’est pas uniquement de lire, il va falloir aussi résumer par exemple ou répondre à des questions de compréhension de manière à aller plus loin dans la pratique de la lecture et de la compréhension écrites.
L’apprenant peut également demander à l’IA de lui préparer une fiche de révision sur par exemple le passé composé avec les exemples et les règles d’utilisation. Ou bien, ce qui est beaucoup plus productif en fait dans l’apprentissage, l’apprenant peut demander à l’IA de revoir les fiches de révision qu’il a lui-même conçues. Ainsi, l’IA va corriger les fiches de révision. Mais en ayant conçu lui-même ces propres fiches de révision, l’apprenant apprend davantage plutôt que de relire des fiches de révision conçues par une autre personne ou ici en l’occurrence l’IA. Les apprenants peuvent ainsi organiser leur apprentissage de manière flexible et adaptée à leurs besoins. Ils deviennent capables de gérer leur propre progression. Enfin, nous avons dit que l’IA favorisait la différenciation. On sait tous que, en classe, tous les apprenants, tous les élèves n’ont pas le même niveau ni les mêmes besoins. L’IA va permettre ainsi de différencier les apprentissages et d’adapter les contenus. Nous avons vu dans le podcast consacré à l’IA pour les enseignants que les enseignants pouvaient différencier leurs propres documents, leurs propres ressources. Mais les apprenants peuvent également le faire. En effet, si on donne un article de journal à comprendre, il peut être trop complexe pour certains élèves. Donc avec l’IA, les élèves, les apprenants vont pouvoir demander : « simplifie ce texte pour mon niveau, A1, A2, A2+, etc. » Ainsi, chaque élève va pouvoir lire une version du texte adapté à son niveau de compréhension.
Et si un élève a des difficultés avec un point de grammaire, je pense au subjonctif, l’IA va pouvoir générer des exercices spécifiques sur ce point de grammaire. Ainsi, les élèves vont travailler sur des compétences ciblées en fonction de leurs propres besoins. Bien entendu, on parle toujours ici d’un apprenant idéal ! Cependant, comme je le disais juste avant, on peut très bien consacrer un cours ou une partie de cours à cette pratique de manière à responsabiliser et à autonomiser les apprenants dans leur apprentissage.
D’autre part, l’IA peut proposer des recommandations personnalisées à un apprenant qui a des difficultés en conjugaison, en disant « tu as des difficultés en conjugaison avec le subjonctif pour ton niveau, donc voici une série d’exercices pour pouvoir t’améliorer. » Ainsi, chaque apprenant va avancer à son rythme et recevoir un accompagnement sur mesure. Quand on a des classes extrêmement nombreuses, l’intelligence artificielle permet de mieux répondre à l’hétérogénéité en offrant des contenus adaptés à chaque élève. Bien entendu, l’IA ne remplace pas l’enseignant. L’enseignant est toujours là pour guider, pour encourager, pour expliquer, pour accompagner, pour inciter à aller beaucoup plus loin.
Et puis, l’IA ne se limite pas à la correction ou à l’évaluation ou à « l’accompagnement » des apprenants. Elle peut aussi stimuler leur créativité en les encourageant à imaginer, à écrire ou à explorer de nouvelles idées. Je suis à peu près certaine que vous l’avez toutes et tous testé. Quelques exemples, en écriture créative, un élève peut demander à l’IA « aide-moi à écrire une histoire fantastique sur le thème du voyage dans le temps. » L’intelligence artificielle va proposer des idées de départ, des personnages ou éventuellement même des dialogues. Ainsi, l’apprenant va un peu plus loin. Il développe son imagination tout en travaillant son expression écrite. Il peut très bien commencer à écrire un petit paragraphe, demander à l’IA de continuer avec un petit paragraphe, lui, l’apprenant, continue et ainsi de suite. Il coécrit avec l’intelligence artificielle.
On peut très bien également créer des jeux de rôle ou des scénarios interactifs. Les élèves ou le groupe d’élèves ou un élève demandent à l’IA « imagine une conversation entre un touriste et un habitant local dans cette ville », en nommant la ville en donnant éventuellement les caractéristiques de cette ville. L’IA va ainsi permettre de générer des situations variées et de stimuler l’expression orale des apprenants. Les apprenants peuvent aller plus loin dans la construction de ce petit jeu de rôle ou de ce scénario, en donnant des précisions sur le caractère de l’habitant ou de touriste. C’est un touriste mal élevé, c’est un habitant qui n’est pas de très bonne humeur et ainsi de suite. On va de plus en plus ainsi vers la théâtralisation du jeu de rôle.
Et puis avec les IA qui créent des images, les élèves vont pouvoir créer des illustrations pour leurs histoires ou leurs projets. Par exemple, dessine un paysage futuriste pour accompagner mon texte. Donc on va donner le texte à l’IA et l’IA va ainsi dessiner un paysage futuriste en accord avec le texte. L’IA aide les apprenants à visualiser leurs idées, à les concrétiser de cette manière-là.
L’IA encourage ainsi les apprenants, mais aussi les enseignants à sortir du cadre traditionnel et à explorer leur créativité à travers des activités originales.
Et le ludique dans tout ça, me direz-vous. Et bien, l’IA est aussi un formidable outil pour impliquer les apprenants dans la création de leurs propres jeux. Cette approche est assez intéressante car elle favorise l’apprentissage actif, l’engagement, la mémorisation à travers la manipulation de mots et de concepts linguistiques. Donc avec l’IA, certains outils de conception de jeux comme les grilles de mots cachés, de mots croisés, les rebus, les anagrammes, etc. Les apprenants vont pouvoir manipuler la langue et le vocabulaire tout en partageant avec les autres, puisque l’objectif est de créer des jeux pour les autres. Mots croisés, mots cachés, comme je le disais, rebus et anagrammes. Je vous ai mis quelques exemples sur la page de mon site qui est lié à ce podcast. Ainsi, en la plaçant des apprenants dans une posture de créateur, on favorise un apprentissage en profondeur et un véritablement engagement avec la langue.
Pour conclure, responsabilisation, autonomie, différenciation, créativité, l’IA ouvre ainsi de nouvelles possibilités pour l’apprentissage du FLE en classe. Elle permet aux élèves de prendre en main leur propre apprentissage, de travailler à leur rythme et d’exprimer leur potentiel créatif. Mais pour que cela fonctionne, il faut un encadrement pédagogique par l’enseignant qui va guider les élèves dans l’utilisation de ces outils.
Et vous, est-ce que vous avez utilisé l’IA avec vos apprenants? Qu’est-ce que vous leur avez demandé de faire?
Laissez un commentaire, laissez votre témoignage en bas, là, en commentaire sur la page qui est liée au podcast.
Merci d’avoir écouté Les Voix du FLE et à très bientôt pour un nouvel épisode.
Liens
Crédits
Musique : Music by Zakhar Valaha from Pixabay
Transcription : Vibe !
Enregistrement et traitement de l’audio : Audacity


Pas de commentaire